Si vous demandez à l’homme de la rue comment faire pousser une plante en pot, il vous répondra sans doute qu’il suffit de mettre de la terre dans un contenant ou un seau, d’y placer la plante, de l’arroser régulièrement et de lui ajouter à l’occasion des engrais, et le tour sera joué.

Image
Mediums for growing

Les jardiniers, eux, savent que ce n’est pas si facile (ni si précis). Une fois qu’une personne décide de faire pousser une plante ou une récolte et qu’elle sait ce qu’elle veut cultiver, il lui faut faire plusieurs autres choix: comment, où et, d’une importance suprême, dans quel substrat. La moitié de la plante se trouvera dans ce substrat et ce contenant pendant toute sa vie, et le remplacement en cours de route est souvent impossible. Il faut faire le bon choix dès le départ.

La première décision à prendre est la plante à cultiver. C’est elle qui déterminera tous les gestes de l’horticulteur. Elle détermine quelles conditions doivent exister dans la zone des racines pour que celles-ci fonctionnent correctement. Les plantes ont développé des systèmes racinaires qui fonctionnent avec les environnements dans lesquels ils ont évolué. Les racines des plantes des régions arides ne réussissent pas aussi bien dans les systèmes à base d’eau, comme ceux sur billes d’argile ou sur gravier. Elles réussissent bien mieux dans un substrat organique, dans lequel les racines connaissent des cycles plus longs entre les arrosages. Les plantes tropicales préfèrent les systèmes moins profonds utilisant du terreau, des arrosages fréquents dans des sols très bien drainés, et peuvent donc très bien se comporter dans les systèmes à base d’eau.

Ce n’est pas qu’il soit impossible de cultiver toute plante dans ces systèmes, mais plutôt que l’effort n’en vaut pas la peine comparativement à l’effort requis pour cultiver dans des circonstances idéales.

Simplifiez, simplifiez

Pour déterminer le style de culture, que ce soit en champ, en hydroponie à système ouvert ou fermé, ou dans un substrat organique (comme les mélanges de tourbe, le coco, le terreau minéral), il fait tenir compte du contexte, c’est-à-dire d’abord des capacités de la plante et, ensuite, de celles du jardinier. Ces deux éléments dicteront le meilleur contenant, de même que le substrat le plus approprié.

Les systèmes complexes n’améliorent en rien les aptitudes de l’horticulteur, mais peuvent lui compliquer la vie. Il faut parfois y avoir recours pour surmonter des obstacles (physiques ou économiques), mais pour toute conception de système, la règle d’or est: "simplicité, simplicité!" Un bon jardinier travaillera selon ses aptitudes et ses limites. Si le temps pose problème, automatisez. Si vous êtes expérimenté et voulez vous amuser, essayez des techniques plus poussées. Si vous débutez, adoptez un substrat qui pardonnera vos erreurs. Utilisez ce qui fonctionne, et utilisez-le correctement.

Image
Mediums for growing

Comment choisir votre substrat

Les racines s’adaptent quelque peu à une variété de conditions, de valeurs faibles à hautes dans plusieurs domaines, comme le pH, la fertilité, l’humidité et l’aération. Elles croîtront et auront bel air, mais leur fonctionnement global s’en ressentira. Les plantes n’ont qu’une fonction : se reproduire.

Un pH mal ajusté changera le rapport des nutriments qui sont disponibles pour la plante. Pourtant, tant que le pH demeure dans des limites raisonnables, la plante fleurira bien. Une basse fertilité affectera la croissance et la vitalité d’une plante, mais elle fleurira néanmoins. Tant que la plante peut trouver de l’humidité, elle fleurira. L’air est essentiel aux systèmes racinaires, non seulement pour leur fonctionnement, mais pour leur survie. Assurez-vous que le substrat répond aux besoins de la plante par son drainage et ses capacités de rétention. Ces deux caractéristiques forment la porosité.

Porosité

Image
Mediums for growing

La porosité est la valeur qui correspond à la quantité d’espace libre dans le substrat. Elle permet des espaces grands, petits et microscopiques. Les grands espaces sont trop volumineux pour retenir l’eau contre la gravité. On les appelle donc "poches d’air", même si de l’eau s’accroche à leurs parois ou s’y trouve après l’arrosage. Les petits espaces retiennent l’eau contre la gravité par action capillaire. Ils hébergent également de la vie microscopique, comme des champignons et des bactéries, et l’eau qu’ils contiennent demeure accessible pour la plante. Les micro-espaces sont minuscules; ils retiennent une eau qui n’est pas disponible pour la plante, et renferment uniquement la vie microscopique la plus petite.

On parle de porosité d’un substrat en termes de pourcentage. Ce pourcentage doit ensuite être réparti en pourcentage des grands et des petits espaces. Un substrat adéquat pour la culture en pot sera au moins de 30 à 50% poreux, et contiendra de 17 à 25% de poches d’air. Ces données varient selon les besoins de la plante: certaines aiment l’air plus que d’autres. L’avantage d’une porosité parfaite repose sur le fait qu’après l’arrosage, les racines auront une bonne alimentation en air et conserveront une réserve d’eau. La porosité est donc également reliée au drainage.

Taille du contenant

Le choix du substrat se fonde sur toutes ces considérations. Le choix du contenant dépend de la taille de la plante, du substrat utilisé et de l’environnement de culture. Souvenez-vous que la masse du système racinaire devrait être égale à la masse aérienne. Un arbre qui croîtra jusqu’à 1,65 mètre aura de nombreux problèmes dans un contenant de moins de 20 litres.

Si la culture peut produire dans de petits contenants, utilisez ces petits contenants et déclenchez la floraison plus tôt, en augmentant cependant le nombre total de contenants.

Le sable sera lessivé d’un contenant qui convient mieux au terreau ou à un mélange sans sol; il fonctionnera bien en pain, en culture sur film nutritif, des conditions dans lesquelles le terreau et les mélanges sans sol se compacteraient et donneraient des résultats mitigés. Bref, choisissez la taille du contenant selon la plante cultivée et son substrat. À partir de ces renseignements, vous pourrez choisir le système à utiliser.

Empotage

Souvenez-vous qu’il est toujours mieux de transférer une plante dans un plus gros contenant que de l’y démarrer. Les boutures sans racines sont "prises" dans le substrat ou les plateaux d’enracinement, mais les boutures enracinées sont mises en pots, d’abord dans de petits contenants, puis dans leur domicile permanent. Cela permet entre autres de ne pas accabler une petite plante dans un grand volume de substrat. Un excès de substrat a plusieurs conséquences: il augmente la quantité d’eau que reçoit la plante, et les racines mettent plus de temps à se développer. Si la situation persiste, les racines utiliseront tous les nutriments disponibles autour d’elles, mais ces nutriments ne pourront être remplacés, car le substrat demeure humide. Ce surplus requiert également plus de ressources : espace, lumière, énergie et matériaux.

Commencez petit. Lorsqu’une bouture est « prise », laissez-la jusqu’à ce que les nouvelles racines atteignent la face externe du bouchon d’enracinement et donc plus de deux centimètres. Empotez cette bouture dans un petit contenant en fondant votre choix sur le contenant ultérieur. Utilisez, par exemple, un pot carré de 6 centimètres pour une plantation future dans un contenant de 15 à 20 centimètres, et un pot de 10 centimètres pour un futur contenant de 25 à 35 centimètres. Si la plante est particulièrement sensible, vous devrez ajouter un stade d’empotage intermédiaire. Utilisez des matériaux similaires du début à la fin : de la laine minérale si le substrat définitif est inerte, du coco, de la tourbe ou di sable s’il est organique. Cela fait travailler les racines au même niveau et évite les longs délais dans la production et la survie.

Le tableau 1 donne un très bref aperçu de certains types de substrats présentement offerts. De nombreuses autres caractéristiques doivent être considérées pour faire un choix éclairé. Certaines des questions auxquelles doit répondre l’horticulteur sont: combien de travail un substrat requiert-il? Quels seront les effets des plantes? Combien de temps peut être réservé à l’entretien de la culture? Comment dispose-t-on du substrat après usage? En plus de cela, au moment de choisir un contenant, il faut se demander comment cultiver et faire croître la plante.

Tableau 1

Substrat Drainage Soutien Aération Systèmes convenables Commentaires
Terreau minéral de faible à élevé excellent de faible à élevé Contenant, lit, système ouvert de nombreux types et de nombreuses compositions
Mélanges sans sol à base de tourbe de faible à élevé moyen à excellent de faible à élevé Contenant, lit, système ouvert de nombreux types et de nombreuses compositions
Mélanges sans sol, coco de faible à élevé moyen à excellent de faible à élevé Contenant, lit, système ouvert l’âge du coco est un enjeu, problèmes de compositi on chimique, l’agrégat et la taille du paillis déterminent la porosité
Substrats inertes, sable, perlite, vermiculite, etc. élevé faible à moyen de moyenne à élevée Culture sur film nutritif, contenant, lit, système ouvert pH stable, plus l’aération est élevée, moin a de tampon pour l’eau
Substrats inertes, laine minérale moyen moyen (léger, dépend de la taille) moyenne Table à marée, contenant, système ouvert pH initial élevé, pH peut s’élever après le tamponnage, les bloc solides restreignent l’aération additionnelle
Gravier, cailloux élevé faible élevée Recirculation hydroponique en contenants pH neutre, rincez avant l’usage, réutilisable surveillance constante requise, pas de tamponnage des nutriments ou de l’eau
Eau aucun aucun aucun Recirculation hydroponique avec réservoir le pH varie grandement, besoin de pomp pour l’aération, surveillance continue des nutriments, effets néfastes rapides
Aéroponie élevé aucun élevée Recirculation hydroponique en systèmes spéciaux pour confiner l’eau le pH varie grandement, surveillance con des nutriments et de l’eau, pas de tampo composition chimique qui varie selon la q de l’air, pas de tamponnage de la température des racines

Le tableau 1 dresse la liste des substrats en ordre de facilité d’utilisation. Un sol argileux ou sablonneux aura les meilleurs tampons pour les nutriments et l’eau, alors que les systèmes aéroponiques ont les tampons les plus faibles. La laine minérale demande plus de temps pour sa préparation et aura des problèmes de pH récurrents. Les substrats inertes peuvent avoir une bonne rétention d’eau sans tamponnage des nutriments.

Les matières organiques s’ajoutent à l’eau de drainage et ne devraient pas être recirculées. Les substrats inertes requièrent une surveillance et une mesure précise des nutriments et du pH ; cela coûte de l’argent pour de l’équipement de surveillance spécialisé et accroît les coûts liés au travail. Un jardinier débutant devrait opter pour un substrat organique qui lui donnera une plus grande marge de manoeuvre, et ne passer à l’étape suivante qu’une fois qu’il a maîtrisé tous les éléments d’une bonne culture : luminosité, intervalles d’arrosage, contrôle de la température et du taux d’humidité.

Bref, ayez un système simple, optez pour un substrat facile et un contenant de la bonne taille et profitez de votre jardin. Certains horticulteurs croient que le meilleur système est le prochain qu’ils vont essayer. Simplifiez. Obtenez d’abord des résultats avant de passer à autre chose. Souvenez-vous que le système ne fait pas la plante: ce sont l’horticulteur et les choix qu’il fait qui déterminent la réussite. Un mélange nutritif bien composé et contenant les bons rapports entre les nutriments produira des résultats similaires dans n’importe quel substrat, tant que toutes les autres variables suivent. Ce sont les erreurs qui limitent la production.